L’adolescence

Une réflexion personnelle de laura Foret, écrite l’année dernière quand elle était en 2nde6, sur cette période ambivalente de notre existence… quand nos émotions jouent aux montagnes russes et que le meilleur peut cotoyer le pire, à l’école comme en dehors.

Comment pourrait-on la définir ? On nous répète depuis notre plus tendre enfance que c’est le moment de ta vie où tu changes du tout au tout, où tu te prépares à devenir un adulte responsable. Mais bien évidemment, ceci est la version de ces fameux adultes responsables.

L’adolescence ne se résume pas à juste se préparer à devenir un(e) adulte responsable.  Cette version est juste une grotesque simplification de la réalité. Tout n’est évidemment pas aussi rose et facile. Nous ne sommes pas, pendant près de 7 ans de notre vie, en train de nous tourner les pouces en attendant simplement que la vie d’adulte apparaisse devant nous. Pour arriver à cette fameuse vie d’adulte, on doit se battre tous les jours contre les autres et avant tout, contre nous-mêmes. On doit se détruire physiquement, mentalement et psychologiquement pour avoir une chance d’être un jour, un adulte. Pendant ces sept ans de notre vie, on découvre les joies de l’amitié ou les peines de cœur. Pendant notre enfance, on est, pour la plupart, dans une sorte de cocon qui nous protège du monde extérieur. On a pour seules occupations nos jouets et nos dessins animés. Les plus grandes difficultés auxquelles nous sommes confrontés lors de notre tendre jeunesse sont d’avoir à apprendre à compter, à lire ou de réussir à attraper les garçons à la balle aux prisonniers.

Après le primaire, on attend avec impatience notre rentrée de sixième. On pense alors naïvement que cela va se dérouler comme dans les films américains, on croit qu’en arrivant au collège nous serons aussitôt considérés comme des grandes personnes. Mais c’est tout le contraire, quand on entre en sixième, on s’immisce dans un monde qui nous est totalement inconnu, un univers où les enfantillages n’ont plus leur place, nous sommes comme dépaysés, on se retrouve de nouveau au plus bas de l’échelle sociale. À peine âgé de onze ans environ, on nous plonge littéralement dans un bassin plein de requins où la concurrence fait rage. On ne se rend pas forcément compte de cette période, mais en grandissant nous saurons que même si nous n’étions hauts comme trois pommes, nous étions déjà confrontés au monde réel en quelque sorte.

 Dès le mois de décembre, on nous rabâche que tous nos choix, dans les études notamment, influencent nos vies futures. On nous parle déjà du bac alors que nous savons tout juste faire une division euclidienne. Et puis au fur et à mesure des jours, le niveau s’intensifie, on en demande plus de vous. Et un beau jour on se retrouve en cinquième. La pression commence à s’installer, une sorte de compétition s’instaure, on veut être le meilleur, on doit l’être. Progressivement on nous conditionne aux examens, au stress et à la charge de travail. La quatrième n’a pas vraiment de différence avec la cinquième, on te fait apprendre des tonnes et des tonnes de pages alors que tu ne te souviendras que d’un dixième des informations que contenaient ses pages. Tu as, peut-être, le malheur de découvrir le « mauvais prof », celui qui n’est indéniablement pas pédagogue, et qui en même temps méprise ses élèves au plus profond de lui.

A ce moment-là, tu commences à utiliser les réseaux sociaux, véritable poison pour les adolescents. Tu commences à te créer des complexes car tu ne ressembles pas aux personnes présentent sur tes pages Instagram. Né alors une vraie quête de l’apparence. Tu te trouves des milliards de défauts, tu souhaites être plus grand, plus mince ou plus athlétique. A partir de ce moment, tout ne devient qu’apparence, il faut à tout prix donner l’illusion d’avoir une vie parfaite, les critiques et les jugements sont quotidiens.

Et puis tu grandis, viens alors tes premières épreuves nationales, le brevet, c’est à ce moment que tu es aux portes du lycée. Tu te souviens encore de ton premier jour au collège, que te voilà déjà à trois ans du bac.  L’expression : « on grandit trop vite » prend tout son sens, il y a seulement 5 ans tu jouais encore à la Barbie ou aux petites voitures.

Néanmoins, le lycée ce n’est pas seulement une période où tu souffres constamment, loin de là. Par exemple, tu découvres les joies des premiers amours avec toutes les maladresses qui vont avec, mais aussi les peines de cœur, tu connais également tes plus beaux souvenirs remplient de fous-rires, de blagues et de moments absolument hilarants. Tu forges des amitiés qui tu l’espères dureront toute ta vie.

Finalement on peut dire que l’adolescence est tout simplement le rite de passage pour parvenir à la vie d’adulte, faite de beaucoup de douleurs mais aussi de bonheurs.

Las Mariposas, les soeurs rebelles

Depuis quelques années, des élans féministes naissent en France. Hélas, bien que cela soit important, nombreuses sont les féministes qui ne connaissent pas les figures féminines qui ont changé l’histoire, que ce soit celle de France ou l’histoire internationale. Il est donc temps de changer cela…

Un article de Valérie PEZET, 1ère PHENIX

1935. la République Dominicaine est, à l’époque, gouverné par un dictateur, Rafael Trujillo, qui se fait surnommé El Jefe (Le Chef). Après avoir pris le pouvoir en 1930, lors d’un coup d’état, Rafael Trujillo se révèle être un despote cruel, qui traque tous ses opposants grâce à une police secrète.

A cette époque, nait Antonia Maria Teresa, dernière fille de Mercedes Reyes Camilo et d’Enrique Mirabal, et dernière d’une fratrie de quatre sœurs. Onze ans avant nait sa sœur, Patria, suivit de la naissance en 1925 d’Adela, puis en 1926 de Maria Argentina Minerva, appelée Minerva.

Elles grandissent à Ojo de Agua, où elles font leurs études primaires. En 1938, Patria, Minerva et Adela partent étudier au collège de la Immaculad Concepcion, à La Vega. De toutes les sœurs, Minerva est sûrement la plus intelligente. Passionnée par la littérature ainsi que par la poésie et la peinture, elle commence à s’interroger sur la politique de son pays.

Elle décide de faire des études de droit à l’université et s’y fait des amis communistes, dont Pericles Franco, futur fondateur du Parti Socialiste Populaire. Il éveille l’esprit contestataire de Minerva, ayant lui-même fait de la prison pour ses prises de position. Minerva commence donc à remettre de plus en plus en question le système politique.

Mais en juin 1949, un évènement va précipiter les sœurs Mirabal dans la politique. Elles sont invitées à une fête organisée en l’honneur de Trujillo. Cela sonne le début de la tragédie Mirabal. A cette réception, le dictateur est immédiatement attiré par Minerva. En aout de la même année, la famille Mirabal reçoit de nouveau une invitation pour une réception, où Trujillo fera part de son attirance à Minerva. Celle-ci repousse ses avances, ne supportant pas sa conduite.

Le 12 octobre 1949, Trujillo fait porter une nouvelle invitation à la famille, cette fois-ci par Antonio de La Mazza, gouverneur de Moca et Juan B. Rojas, sénateur de la province. Cette fois-ci, Patria, Adela et Minerva sont obligées de s’y rendre, mais décident d’y aller avec leurs parents et les conjoint de Patria et Adela. A la réception, comme nous pouvons nous y attendre, Trujillo renouvelle ses avances. Minerva n’en peut plus et le repousse ouvertement. Elle lui demande aussi de laisser Pericles Franco tranquille avant de partir avec sa famille, éveillant la colère du dictateur. En faisant cela, elle réveille l’esprit de révolte de ses sœurs Patria et Maria Teresa.

Hélas, le dictateur ne laissera pas passer cette humiliation. En effet, quelques jours plus tard, sur lettre du gouverneur de la Moca, le père des quatre sœurs est arrêté et emprisonné. Peu de temps après, vient le tour de Minerva et de plusieurs de ses amies. Elles sont interrogées pendant des semaines sur leurs relations avec le Parti Socialiste Populaire et sur la relation entre Minerva et Pericles, relation qui selon certains, aurait toujours été très ambiguë. Minerva se voit la possibilité d’être libérée, en échange d’une lettre d’excuse envers Trujillo. Elle refuse immédiatement. Elle finit cependant par sortir de prison et retourne à la fac où elle rencontre son futur mari, Manolo, qui deviendra cofondateur et président du mouvement du 14 Juin. Minerva continua sa thèse, qui porte sur le droit de l’Homme et évidemment sur le droit de changer de régime.

En 1957, elle devient la première femme doctorante en droit du pays. Mais son diplôme lui est hélas remis par Trujillo qui lui fait alors la promesse que jamais elle n’aura le droit d’exercer et qu’il y veillerait personnellement.

Cette période est la période où les dictateurs d’Amérique latine commencent à être renversés. L’exemple de Cuba fait rêvé les dominicains opprimés. Un coup d’état est tenté par le mouvement du 14 Juin, mais échoue, à cause de dénonciations à la police secrète de Trujillo. Les trois sœurs Patria, Minerva et Maria Teresa prennent un nom de code. Elles se surnomment désormais Las Mariposas.

Las Mariposas sont souvent arrêtées, ainsi que d’autres membres du mouvement du 14 Juin. Elles sont emprisonnées à la terrible prison de Cuarenta, où elles sont torturées. Durant leur séjour en prison, elle deviennent de plus en plus populaires, et reçoivent non seulement le soutien de l’Eglise catholique et de l’opinion internationale. Elles seront finalement libérées après cinq ans de peine pour « atteinte à la sécurité de l’état ». Elles sont désormais le symbole de la révolution aux yeux du peuple dominicain, ce qui inquiète de plus en plus Trujillo, qui sent le vent tourner.

Cependant, Las Mariposas ont un mauvais pressentiment. Elles craignent un « accident de la route », très fréquents à l’époque. Elles verront malheureusement juste.

Le 25 Novembre 1960, alors qu’elle se rendent à la prison Cuarenta pour rendre visite à leurs maris, une voiture leur bloque la route. Elles sont assassinées à la machette puis leurs corps sont replacés dans leur véhicule qui est finalement jeté dans le vide. Le peuple n’est pas dupe. Il accuse immédiatement Rafael Trujillo, qui déclare alors qu’on ne le fera sortir que sur un brancard.

Lui aussi verra juste car le 30 mai 1961, il sera victime d’un « accident ». Sa voiture sera criblée d’une soixantaine de balles. Ses assassins deviendront des héros nationaux.

En l’honneur de Las Mariposas, leur région natale fut rebaptisée « Hermanas Mirabal » et la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence à l’Egard des Femmes a désormais lieu le 25 Novembre.

Minerva, Patria et Teresa Mariposas

Prochain épisode : Agnocide, LA GYNECOLOGUE

Débranche…

Chloé Rattier, aujourd’hui en Terminale Nausicaa, est dotée d’un joli coup de crayon, dont elle use à la façon d’une chroniqueuse, croquant en quelques traits bien sentis le quotidien d’une adolescente dans un monde transformé par le numérique et ses usages.

Ces deux planches furent réalisées entre décembre 2019 et janvier 2020…

Système scolaire 0/20 ?


Source image : Wikipedia

Depuis quelques années déjà, on constate une forte baisse du niveau scolaire français. L’école n’intéresse plus une grande partie des jeunes et les résultats aux examens sont en baisse. Pour essayer de cacher cette descente aux enfers des résultats scolaires, les réformes se multiplient. On note aussi un appauvrissement des programmes, la réforme du bac, etc….

À l’heure où l’on demande dans toutes les branches, un niveau de qualifications surélevées, les enfants de la France font figure de dernier de la classe. Je vous rassure notre niveau n’est pas non plus catastrophique, mais une 25ème place sur 78 pays évalué par le classement PISA en 2019, pour un pays qui oscille à la 6ème place du classement économique mondial, vous avouerez que ce n’est pas terrible… Surtout, quand on sait que le principal budget de l’État est celui consacré à l’éducation.

Mais alors qui sont les coupables ? Les professeurs, les élèves, les cadres familiaux, la société en général, les gouvernements et leurs réformes ? Il est très dur de trouver un coupable, mais la période de confinement que nous avons vécue nous a permis de comprendre un peu mieux à quel point l’école est aujourd’hui mal faite.

Entre 500 000 et 1,2 millions d’élèves « décrocheurs » pendant le confinement selon les différents sondages. Même si ce chiffre est minimisé par les médias, je le trouve à titre personnel particulièrement inquiétant. On connait tous quelqu’un qui ne supporte pas de rester enfermé dans une salle de classe, ou quelqu’un qui a des capacités mais n’aime pas les travaux que les programmes proposent.

Alors quelles solutions s’offrent à nous ? Les nombreuses réformes mises en place par l’Éducation Nationale ont trop souvent montré leur inutilité et n’ont jamais causé une « vague d’intérêts » pour les cours. Sans rentrer dans une critique profonde des programmes, où il y aurait pourtant matière à discussion, on voit trop souvent que les responsables de la fonte du « système scolaire français » sont eux-mêmes dépassés et incapables de comprendre les problématiques des jeunes.

Beaucoup de solutions sont possibles. Doit-on avoir des cours comme ceux des pays asiatiques, très stricts mais qui ont montré leur efficacité ? Ou à l’inverse quelque chose de très laxiste et modelé sur la vision de chacun, avec beaucoup d’accompagnement ? Je vous laisse donner votre avis.

Personnellement, je pense que la première solution est à envisager, dans un monde où il va falloir travailler toujours plus pour rester compétitif et garder notre leadership. L’hypothèse d’une école plus laxiste n’entrainerait que de grandes difficultés pour les jeunes adultes arrivant dans le monde du travail. Toutefois mon avis reste nuancé, et je pense qu’il faut que notre école soit forte, mais aussi responsable, avec une diversité de propositions respectant et encourageant tous les parcours d’avenir, d’ingénieur à éboueur, de charpentier à sommelier.

Sources : PISA

Baptiste Stipa